Tu as un TDAH. Et si le bilan de compétences était fait pour toi ?

Quand j’accompagne une personne qui vient de découvrir son TDAH, il y a souvent le même moment. Elle me décrit ses dix dernières années : des postes où elle s’est épuisée, des projets lancés puis abandonnés, des périodes de feu et d’autres où elle ne comprenait plus pourquoi rien n’avançait. Et elle conclut par : « J’ai tout essayé pour m’organiser. Je ne sais pas ce qui cloche avec moi. »

Ce qui clochait, ce n’était pas elle. C’était le décalage entre son fonctionnement réel et les méthodes qu’on lui avait proposées. Je m’appelle Sylvain Hoareau, je suis coach professionnel certifié et consultant en bilan de compétences. J’accompagne des adultes, dont beaucoup ont un TDAH, dans la construction de leur projet professionnel. Et ce que j’observe régulièrement, c’est que le bilan de compétences présente des avantages spécifiques pour ces profils, que la plupart des gens ne perçoivent pas encore.

Pourquoi le TDAH complique souvent la reconversion professionnelle ?

Un cerveau TDAH ne fonctionne pas comme les méthodes classiques d’orientation le supposent. La plupart de ces méthodes partent du principe que la personne peut se poser, hiérarchiser ses envies et se projeter sereinement sur le long terme. Or, ces trois choses sont précisément celles que le TDAH rend difficiles.

En pratique, les adultes avec un TDAH qui envisagent une reconversion se retrouvent coincés dans une boucle : trop d’idées en même temps, incapacité à en retenir une, épuisement à force de tout recommencer. Le problème n’est pas le manque de motivation. C’est l’absence d’un cadre adapté.

Ce que la structure du bilan change concrètement

C’est le premier point que je constate avec mes clients TDAH. Le bilan de compétences est, par construction, un dispositif structuré et régulier. On se voit toutes les semaines, à heure fixe, avec un objectif clair pour chaque séance. Ce rythme n’est pas anodin pour un profil TDAH : il remplace l’auto-organisation défaillante par un conteneur externe fiable.

Pour beaucoup de personnes que j’accompagne, c’est la première fois qu’elles tiennent un processus de réflexion professionnelle dans la durée, jusqu’au bout. Non pas parce qu’elles auraient soudainement plus de volonté, mais parce que le cadre du bilan fait le travail que leur cerveau a du mal à faire seul : maintenir le cap et éviter l’éparpillement.

Le fait de se retrouver régulièrement, avec un fil conducteur préparé, permet aussi de rester focus sur l’objectif. Une personne avec un TDAH, laissée à elle-même dans une démarche d’orientation, va souvent partir dans dix directions en une semaine et revenir au point zéro. Dans le bilan, chaque séance est ancrée dans la précédente. On ne repart pas de zéro. On progresse.

Explorer ses traits TDAH pour les transformer en force

C’est la partie du bilan que je trouve la plus puissante avec ces profils. Beaucoup de personnes arrivent avec une image négative de leur fonctionnement cognitif : elles voient leurs difficultés, leurs oublis, leur inconstance, leur épuisement. Elles ne voient pas encore l’autre face.

Le bilan permet de retourner le regard. Pas de façon naïve, en prétendant que tout est super : de façon honnête, en cartographiant ce qui se passe réellement. Et ce qu’on découvre souvent, c’est que certains traits TDAH, dans le bon environnement professionnel, deviennent de vrais atouts.

La créativité associative, la capacité à traiter plusieurs problèmes à la fois, la réactivité dans l’urgence, l’intensité dans les sujets qui passionnent : tout cela a de la valeur professionnelle. Encore faut-il l’identifier, le nommer et comprendre dans quel cadre de travail cela s’exprime le mieux. C’est exactement ce que permet le bilan.

Comprendre ce qui donne de l’énergie et ce qui en prend

C’est l’un des axes centraux de mon accompagnement. Avec un profil TDAH, la question du coût énergétique est fondamentale. Certains environnements, certaines tâches, certains types de management épuisent complètement. D’autres activent, nourrissent, donnent envie de revenir le lendemain.

La plupart des personnes que j’accompagne n’ont jamais fait cette distinction de façon systématique. Elles ont subi leurs postes, souvent compensé en fournissant deux fois plus d’efforts que les autres, et ont fini par attribuer leur fatigue à elles-mêmes plutôt qu’à l’inadaptation de leur environnement.

Dans le bilan, on fait ce travail ensemble. On revient sur chaque expérience professionnelle significative en posant les mêmes questions :

  • Qu’est-ce qui te donnait de l’énergie là dedans ?
  • Qu’est-ce qui t’en prenait ?
  • Quels moments tu attendais, quels moments tu redoutais ?

 

Et très vite, des patterns émergent. Des conditions de travail qui reviennent systématiquement dans les bons moments, et d’autres dans les mauvais.

Ce n’est pas de la psychologie. C’est de l’observation professionnelle fine, appliquée à une histoire de vie réelle. Et c’est ce qui permet ensuite d’identifier des métiers et des environnements qui correspondent vraiment, plutôt que de s’orienter sur ce qui « semble » bien.

Identifier son projet professionnel à partir de ce qu’on est vraiment

C’est là que tout converge. Une fois qu’on a cartographié les compétences, les traits de fonctionnement, les conditions énergétiques et les valeurs, on peut commencer à explorer des pistes professionnelles qui ne sortent pas d’un test de personnalité quelconque, mais de la réalité de la personne.

Pour un profil TDAH, cette étape est particulièrement décisive. Parce que les métiers qui fonctionnent pour ces profils ne sont pas toujours ceux que l’entourage conseillerait spontanément. Ce ne sont pas forcément les métiers les plus stables, les plus linéaires ou les plus « raisonnables ». Ce sont ceux qui correspondent à un fonctionnement cognitif qui a besoin de variété, de stimulation, d’autonomie, parfois d’urgence.

Le bilan permet de valider ou d’infirmer ces pistes avec méthode, en testant leur cohérence avec ce qu’on a découvert ensemble. Et d’aboutir à un plan d’action concret, pas à une liste de bonnes intentions.

Ce que le bilan change, concrètement, pour un profil TDAH

Tableau comparatif difficultés TDAH et apports concrets du bilan de compétences pour reconversion professionnelle

Outil : auto-évaluation avant de démarrer un bilan

Ce tableau t’aide à évaluer si le bilan de compétences est adapté à ta situation actuelle. Il ne remplace pas un entretien découverte, mais il permet d’y arriver avec des idées plus claires.

Grille d’auto-évaluation pour décider de faire un bilan de compétences avec un profil TDAH adulte

Si tu as répondu « oui » ou « je ne sais pas » à la majorité de ces questions, le bilan est probablement la prochaine étape la plus utile pour toi.

Et si tu n’as pas encore de diagnostic ?

Un diagnostic TDAH n’est pas un prérequis pour entamer un bilan de compétences. J’accompagne régulièrement des personnes qui n’ont pas encore de diagnostic formel, mais qui se reconnaissent dans des traits TDAH : difficulté chronique à se concentrer sur ce qui ne les passionne pas, épuisement sans cause apparente, projets répétés abandonnés en cours de route.

Ce qui compte, c’est que l’accompagnement tienne compte de la réalité de ton fonctionnement, diagnostiqué ou pas. Le bilan ne pose pas de diagnostic. Il travaille à partir de ce que tu es et de comment tu fonctionnes.

Le bilan de compétences et un diagnostic TDAH sont deux démarches complémentaires, pas séquentielles. Certaines personnes découvrent, au fil de l’exploration de leur parcours, que leur fonctionnement n’a jamais été correctement pris en compte. Le bilan peut être ce qui pousse à consulter.

Financement : le bilan de compétences est finançable sur le CPF

Le bilan de compétences est un dispositif encadré par la loi (article L6313-4 du Code du travail), finançable sur le Compte Personnel de Formation (CPF). En pratique, 95 % des personnes que j’accompagne financent leur bilan via leur CPF, sans avance de frais ni reste à charge.

La démarche est confidentielle vis-à-vis de ton employeur : lorsque tu finances ton bilan via ton CPF en dehors du temps de travail, il n’en est pas informé. La synthèse finale t’appartient : elle ne peut pas être communiquée sans ton accord explicite.

Les séances se déroulent en présentiel sur site client ou en distanciel par visio, depuis Paris ou n’importe où en Île-de-France. Pour beaucoup de profils TDAH, le distanciel présente un avantage concret : moins de stimuli parasites, un environnement maîtrisé, une meilleure capacité de concentration.

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Questions fréquentes sur le bilan de compétences et le TDAH

Le bilan de compétences est-il adapté si j’ai un TDAH non diagnostiqué ?

Oui. Le diagnostic TDAH n’est pas un prérequis. Ce qui compte, c’est que le consultant comprenne les profils cognitifs complexes et adapte sa méthode à ton fonctionnement réel. La structure du bilan, la régularité des séances et le travail sur l’énergie professionnelle bénéficient à ces profils avec ou sans diagnostic formel.

Comment se déroule un bilan avec un profil TDAH ?

Le bilan suit trois phases réglementées sur un maximum de 24 heures : une phase préliminaire (définir les attentes), une phase d’investigation (explorer compétences, fonctionnement, valeurs, énergie) et une phase de conclusions (construire le projet et le plan d’action). Avec un profil TDAH, j’adapte le rythme, les outils et la façon de restituer pour rester ancré dans le concret à chaque séance.

Quelle différence entre un bilan de compétences et un coaching ?

Le bilan de compétences est un dispositif légal encadré, finançable sur le CPF, dont le livrable est une synthèse écrite des compétences et un plan d’action concret. Le coaching est un accompagnement plus souple, orienté sur le développement, sans livrable réglementé. Les deux peuvent être complémentaires, mais ils ne répondent pas au même besoin.

Le bilan est-il confidentiel vis-à-vis de mon employeur ?

Oui. Financé via le CPF en dehors du temps de travail, ton employeur n’est pas informé. La synthèse finale t’appartient et ne peut pas être communiquée à un tiers sans ton accord explicite.

Peut-on faire un bilan en distanciel depuis l’Île-de-France ?

Oui. Les séances en visio permettent de suivre le bilan depuis Paris ou n’importe quelle ville d’Île-de-France. Pour les profils TDAH, le distanciel est souvent préférable : l’environnement contrôlé réduit les distractions et favorise la concentration.

Pour conclure

Ce que j’observe, après avoir accompagné de nombreux adultes avec un TDAH dans leur bilan de compétences, c’est que la structure de ce dispositif correspond à quelque chose de profondément utile pour ces profils. Pas parce qu’il les « répare », mais parce qu’il leur offre enfin un cadre qui tient compte de leur fonctionnement réel, et qui leur permet d’aller jusqu’au bout.

Mieux se comprendre, identifier ce qui nourrit et ce qui épuise, transformer ses traits en atouts et choisir un projet professionnel aligné : c’est ce que le bilan rend possible. Pas en quelques heures. Mais séance après séance, en avançant.

Si tu es basé(e) à Paris ou en Île-de-France et que tu te reconnais dans ce qui est décrit ici, un premier échange sans engagement peut suffire à clarifier si le bilan est la bonne prochaine étape pour toi.

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